Isadora Duncan

(1877-1927)

 

 

 

 

 

La gymnastique suédoise est un fux système de culture physique, parce qu'elle néglige l'imagination et fait du corps un simple objet, alors qu'il est un foyer d'énergie vitale, d'énergie cinétique.
Ma vie, Gallimard, 1932, p.192

 

 

 

 

bibliographie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

vers album photos

Elle commence à donner des cours à 12 ans.
Pas technique classique, puisqu’elle l’ignore. Elle devient professeur.
Avance elle-même dans sa recherche. Connaissance du corps avec la musique.
Elle apprend en même temps que ses élèves.
USA - gigantesque, soif de racines. Pays fanatique de danse classique.
Elle est à contre-courant / académisme, puritanisme.

Américaine de naissance, Isadora Duncan est une figure majeure de la danse moderne. Elle a puisé dans les idées esthétiques et sociales de son temps pour se forger un style éminemment personnel.
À l'exemple des disciples du professeur français François Delsarte et des partisans de la réforme vestimentaire, Duncan s'est débarrassée de son corset pour porter des tenues amples et vaporeuses, inspirées de la Grèce antique. Elle se distinguait de la plupart de ses contemporains en créant ses danses sur des musiques classiques qui n'avaient pas été écrites pour la danse, un choix audacieux à l'époque.
Son art chorégraphique, fait de poses gracieuses et d'images séduisantes, manifestait un goût pour la beauté picturale hérité du XIXe siècle. Elle se démarquait toutefois, comme danseuse, par son exceptionnelle habileté à transmettre les émotions au cœur de la musique. Elle excellait aussi à exprimer sa spiritualité par le mouvement. Dans son essai La Danse de l'avenir, Duncan exprimait la conviction que la danse devait étreindre la gravité, non la défier, et que tout mouvement prenait naissance dans le plexus solaire.
Duncan a récolté ses premiers succès de danseuse de concert en Angleterre en 1899. En 1905, elle a ouvert une pension pour jeunes filles en Allemagne, et l'a déménagée plus tard à Paris. L'art de Duncan a été profondément transformé par la mort accidentelle de ses deux enfants, en 1913, et par le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Des œuvres comme son Ave Maria (1927) montraient une facette plus sombre et contemplative de son art que ses danses antérieures.
Après la Révolution russe de 1917, Duncan a vécu quelque temps en Union soviétique. Dans sa Marche slave (1917), elle exprimait sa sympathie pour la cause révolutionnaire. Elle est morte tragiquement, en 1927, quand la longue écharpe qu'elle portait s'est prise dans une roue de sa voiture et l'a étranglée.

Influences : surtout littéraire (théâtrale) Shakespeare, Dickens (ou romanesque)
La Grèce et Homère
Delsarte / Elle est tombée sur des articles de Mac Kaye.
Elle a deux frères qui sont fous de théâtre. Avec leur mère, pianiste.

Principale source d’inspiration : la nature, avec la redécouverte du corps, le sport…
Dans les prés, pieds nus, dans les arbres, au bord de la mer…

Elle commence à constituer des « chorégraphies ».
1ère chorégraphie : J’ai tiré une flèche dans le ciel (14 ans) sur un poème de Longfellow
- préoccupation d’élévation, de spiritualité
- support littéraire
Plusieurs tournée sur la cote : ses frères, ses sœurs. Théâtre-danse ni l’un, ni l’autre. New York. Tournée miteuse.

Iphigénie  musique de Gluck (utilisée par Noverre aussi) musicien de Marie-Antoinette, un peu avant Mozart. Donne un nouveau souffle à l’art dramatique env. époque de Noverre.

Ils ont la foi, prennent le bâteau - Angleterre. Londres. Misère rapide.
Introduction auprès de grand, elle danse dans les salons.
1896 : Songe d’une Nuit d’été. Ils participent.
1900 : Elle se rend à Paris ; rencontre Rodin, Pierre Louÿs Aphrodite, livre poétique / 2 lesbiennes,
la contesse de Greffulhe, ami de Debussy s’entiche de ID. Vie hors norme.
« Isadora Duncan est arrivée à la sculpture, à l’émotion sans effort. »
Pour Rodin c’est de la sculpture vivante… Le problème du sculpteur c’est le temps.
La danse est un art plastique, vivant. (cf. Oskar Schlemmer / Bauhaus) Idée de sculpture vivante.
Butô : danseurs ont mis de la glaise sur le corps.

Révolution à l’époque car la danse était sur des rails. Nijinski, Massine ont fait glisser des rails légèrement.

Rodin :
« Elle emprunte à la nature cette force qui n’est pas le talent mais le génie. Elle est naturelle sur la scène, où on l’est si rarement. »

A Berlin elle rencontre Loïe Fuller, l’autre rebelle, elle gagne sa vie, intéressée par le spectacle.(vs ID = essence.) Spécialisée dans les danses avec les voiles. Considérée comme artiste de cirque. Apparence : spectacle non conventionnel. Cherche dans les éclairages, voiles. Elle rencontre Gordon Craig  avec qui elle aura un enfant.
La « danse de feu » : danse le papillon, la fleur, le serpent… dansera sur des plaques de verre éclairée par en dessous. Danse du radium. Fait des tournées en Europe.

Elles vont faire considérer les danseurs autrement. Tourneront ensemble puis se sépareront.

A Budapest, Isadora Duncan danse le Beau Danube Bleu. Autriche-Hongrie au bord de l’explosion. Triomphe.
A Munich, danse la 7ème de Beethoven (rythme de pavane) où elle rencontre Cosima Wagner qui l’invite à Bayreuth. Elle dansera la bacchanale de Tannhäuser.
Pour elle, il faut qu’une musique l’émeuve. Improvise presque à chaque fois. Problématique de création sur scène. ID = un phénomène.

Elle ira en Grèce - Homère, exotisme d’authenticité culturelle.
Elle essaye de monter des œuvres avec musique de Gluck, rien à voir avec musique originelle.
Elle prendra de la musique grecque : chants byzantins, petits chanteurs…
Elle ne vibre que sur la musique européenne.
Elle sera déçue, car non émue. Claque personnelle. Attente déstabilisée / attente / tragédie grecque.
En tournée, à Vienne, dans l’hôtel, les petits chanteurs mettent le souk.
Dans les Suppliantes d’Eschyle : non bienvenu, le public préfère le Beau Danube Bleu.

1905 : Isadora Duncan en Russie rencontre Diaghilev, la Pavlova, danse sur des études de Chopin.
Prise pour une dangereuse révolutionnaire.
Diaghilev la considère comme une intuitive. Isadora Duncan danse sa vie.
Elle rencontre
Stanislavski qui dit d'elle :
Une émotion intérieure très liée à son art me poussait impérieusement à la voir. [...] j'en vins à comprendre que dans tous les coins du monde, par la force de conditions dont nous ne savons rien, des gens de toutes sortes cherchaient dans l'art, de tous les côtés, et dans toutes sortes de domaines, les mêmes principes créateurs.

J'étais moi-même à la recherche de ce moteur de création que chaque acteur doit savoir mettre dans son âme avant d'entrer en scène ; [...] nous cherchions exactement la même chose, mais simplement dans es domaines différents de l'art.

Berlin, Suède, Russie. Elle monte une école où elle recrute des enfants (gratuité du logement et de la nourriture) à Grünewald : des filles. Elle pensait que la danse qu’elle enseignait n’est que féminine. 500 exercices / les Isadorables)

C'est elle qui convaincra Stanislavski d'inviter Craig qu'elle tenait pour un génie et pour l'un des personnages les plus remarquables du théâtre de l'époque : Mr Stanislavski, le régisseur du Théâtre, est un homme merveilleux, vraiment Beau & Grand, je lui ai parlé de vous [Craig] pendant des heures. Il a dit qu'il adorerait que vous veniez faire une mise en scène, lui préfère jouer. [...] Il a demandé si vous pouviez lui écrire. Je lui ai dit qu'il devrait, lui, vous écrire le premier - il semble timide - i la dit qu'il vous écirait une longue lettre mais que ça lui prendrait deux semaines pour la composer.

Péripétie - tournée en France, retour à New York : fiasco, elle est inconnue.
Monte un atelier. Joue la 7ème au Metropolitan devant Roosevelt.

Extrêmement attaquée aux USA à cause :

  • Pieds nus ;
  • Voiles qui laissent deviner le corps ;
  • Cheveux dénoués ;

Les puritains sont tout puissants.

1909 : de retour à Paris. « Je n’ai fait que danser ma vie. »
Colette : « Elle est née pour danserElle pourrait danser masquée, son corps parle plus que son visage. » (cf. Noverre : abandon du masque…)
Rencontre d’
Annunzio, Cocteau. Bourdelle, le sculpteur, violoniste d’Isaïe.

Elle se marie avec Singer (l’héritier des machines à coudre) : 1 enfant avec lui aussi.

Ses deux enfants mourront dans un accident de voiture dans la Seine. Se sépare de Singer.
Elle est prise pour une évadée ; ne recule devant aucun sacrifice.
A New York, fait démonter les fosses d’orchestres pour
les Suppliantes d’Eschyle.
Ne transige pas ses idées, sa démarche.

Elle a influencé tous les grands danseurs. Elle fut un électrochoc dans le monde artistique.
Elle danse toujours sur des musiques passées vs
Martha Graham qui danse sur des musiques de son époque. « Je ne suis ni un arbre, ni une vague, ni un nuage. » Approche corporelle féminine, tellurique.

Danse des furies de Gluck. Etat d’esprit plutôt qu’une technique.
Influence importante / USA
Importance difficilement quantifiable / Europe. Descendance / modern danse

Chorégraphe et danseuse adulée dans le monde entier, Isadora Duncan fut une révolutionnaire, refusant les codes sociaux de son temps, affirmant le droit des femmes à être libres, à pouvoir enfanter hors mariage, à mener une vie indépendante. Toute sa vie fut un combat pour la liberté, la sienne mais aussi celle des autres. A bien des égards pourtant, son existence fut une longue suite de tragédies : la mort de ses enfants, noyés dans la Seine, sa passion destructrice pour le poète Sergueï Essenine, sa propre mort spectaculaire, étranglée par son écharpe prise dans le moyeu de sa Bugatti. Bill T Jones, Carolyn Carlson, Boris Charmatz, Kathleen Quinlan et Elizabeth Schwartz évoquent cette pionnière de la danse moderne.

Lever, Maurice, Isadora Duncan – Roman d’une vie, Paris, Perrin, 2000.
Duncan, Isadora, The Art of the Dance, New York, Theater Arts Books, 1928.
---. My Life, New York et Londres, Boni and Liveright, 1927 ; traduction française : Ma vie, Paris, Gallimard, 1969.
Kurth, Peter, Isadora: A Sensational Life, New York, Little, Brown and Company, 2001.


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